BIOGRAPHY

Un artiste hors normes

Dans un monde de l’art contemporain habitué aux effets de modes émerge parfois une personnalité singulière.

Loin des artistes intellectuels ou conceptuels, des géniaux faiseurs et des talentueux suiveurs, des maîtres de la notoriété et des médias, apparaît aujourd’hui un artiste unique, porté par la seule sincérité de sa vision du monde.

Sans souci des courants et de l’actualité, il dévoile un regard unique, qu’il offre aux visiteurs comme témoin de sa singularité d’être.

On peut se pencher sur son histoire et tenter d’y trouver les origines de ses créations. On peut étudier sa technique ou son style, rien ne permettra de percer le mystère d’une œuvre forte à la présence vibrante.

C’est cette force, certainement, qui fait que les regards se tournent vers cet artiste singulier, vers ses fulgurances et l’énergie qui s’en dégage, loin de toute image convenue.

Biographie

Karim Beladjila est né à Constantine en 1985, troisième d’une famille de quatre enfants. Dans l’incapacité d’investir pleinement l’enseignement et la socialisation que proposent l’école, il se désintéresse des études qu’il abandonne à la fin de la classe de première. D’autres difficultés personnelles l’amèneront à s’enfermer dans trois années de mutisme, d’insomnie et de désordres alimentaires au sein de la maison familiale. Il tente ensuite de se reconstruire et finit par trouver un emploi en tant qu’informaticien dans le commerce de produits pharmaceutiques.

Ce n’est qu’en octobre 2015, à l’âge de trente ans, qu’il renoue avec l’expression de soi, poussé par un besoin, une nécessité. Dès lors il s’autorise à créer, offrant à tous l’unicité de son regard, dans un corpus d’œuvres cohérent transcendant les traumatismes du passé en un travail d’une présence intense. C’est en l’absence de formation artistique et sans références culturelles qu’il explore la peinture, travaillant la matière à l’aide d’une gomme avec les doigts, puis divers objets détournés au gré de son inspiration.
Après une première période relevant de l’Art Brut, il rejoint sans le savoir l’ambiance de Munch, puis entre en résonance avec Brassaï. Parcourant sans le savoir l’histoire de l’art, ses explorations le mèneront sur les traces de Miró ou encore des impressionnistes. Son medium principal reste à ce jour la peinture à l’huile, dans une expression abstraite. Il est indéniablement un grand coloriste qui relève de l’abstraction lyrique.

Très vite, son travail a été repéré sur Facebook par un collectionneur, puis par la galerie Kef Noun où il a été convié à exposer alors qu’il ne peignait que depuis huit mois. Suivirent aussitôt une exposition monographique au palais de la culture Malek Haddad de Constantine puis dans divers lieux culturels prestigieux d’Algérie tels que le Palais des Raïs-Bastion 23, à Alger ou la Maison de la Culture Mohammed Boudiaf à Annaba.

Repéré par la France, il est invité à être le parrain de la manifestation Juillet en art-thérapie à Cerisiers. S’ensuivront de nombreuses expositions dans l’Yonne et en Saône-et-Loire. À Paris, c’est le Centre Culturel Algérien qui l’accueille en 2017 et souhaite renouveler l’expérience en 2021. Son travail parcourt la France, de Lille à Rodez, et prochainement Grenoble. En Suisse, Karim Beladjila est invité par la galerie New Art 48 à Montreux. Il est également présent au salon MAG et sera prochainement exposé à Genève et Neuchâtel.

Invité à investir la chapelle du Carmel par la ville de Chalon-sur- Saône, l’artiste a créé pour l’occasion six grands triptyques, abordant ainsi une période monumentale. Sur la proposition du maire de Cerisiers, Karim Beladjila a travaillé à la création de vitraux pour la chapelle des Trois Marie. Il se penche également sur des vitraux pour l’église de la Sainte Trinité à Falaise dans le Calvados, qui avaient été détruits à la Libération. Ce projet, qui s’appuie sur une collaboration avec un artisan vitrailliste, représente une nouvelle étape enthousiasmante pour l’artiste.

La création comme nécessité

Le rapport de Karim Beladjila à la peinture est étrange. Comme nous l’avons vu, son activité d’artiste est très récente et rien ne l’y préparait. Mais depuis qu’il a débuté, c’est devenu pour lui une nécessité vitale.

Cette pulsion créatrice incontournable est certainement ce qui donne une telle force à ses tableaux. Etait-elle inexistante auparavant, ou était-elle cachée, bridée, interdite ? Et que dire d’une pratique qui, une fois commencée, ne peut plus être stoppée ? Serions-nous face à une forme d’addiction ?

Certaines circonstances dans sa récente vie d’artiste lui ont déjà permis de se rendre compte de l’impérieuse nécessité de créer. Ainsi, il ne lui aura fallu guère plus d’une semaine sans peindre pour qu’un malaise existentiel le gagne, accompagné d’insomnies et de cauchemars.

Karim Beladjila eut alors l’impression de vivre une régression, de retourner à une époque où ses démons intérieurs, dus à des traumatismes d’enfance, le tourmentaient particulièrement la nuit. Ces cauchemars, il les connaissait et s’y était accoutumé. Ils étaient son quotidien avant qu’il ne se mette à peindre.

Dès lors il ne peut que s’interroger. Dès qu’il retourne à ses couleurs, les insomnies et les idées noires disparaissent. Une conclusion s’impose alors. Sa pratique artistique est plus qu’un étayage. Elle lui est une nécessité vitale. Bien plus que donner un sens à sa vie, la peinture, au sens propre, est sa vie.

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